Le contexte actuel et les enjeux d’une entreprise ou d’une association peuvent paraître inquiétants pour certains et porteurs d’opportunités pour d’autres.

En effet, plusieurs forces similaires agissent sur l’écosystème de ces organisations avec des impacts à moyen terme; méthodes de travail, redistribution des espaces d’initiative et relations entre les acteurs humains et technologiques.

1- L’évolution technologique avec son apport d’efficacité comme le numérique, l’intelligence artificielle et la réalité augmentée engendre la mise en pouvoir des  acteurs initialement cantonnés à générer des informations de par leurs activités et dans le meilleur des cas  des suggestions d’amélioration.

On constate que l’évolution technologique en Europe change la donne (BPI Lab – enquête du 6 nov. 2019): 

  • Amélioration de la vitesse de transmission de l’information (62 % des sondés) et de prise de décision (49 %)
  • Plus d’autonomie aux salariés (57 %) et diversification de leurs activités (48 %)
  • Meilleure organisation des équipes (55 %) et de renforcement de leur coopération(49 %)
  • Meilleure gestion des urgences (55 %) et rapprochement des clients (47 %)

Les PME européennes font néanmoins face à de nombreux obstacles dans leur processus de transformation digitale:

  • Problèmes de sécurité informatique
  • Manque de compétences numériques des employés (dans une moindre mesure en France)
  • Faible débit de la connexion Internet et manque de financement approprié pour un quart des PME.

Les PME sont conscientes que la digitalisation va transformer le marché du travail:

  • Si la majorité des PME (57%) pensent que la digitalisation aura à terme un impact positif sur leur activité, elles sont conscientes qu’elle va transformer le marché du travail.
  • Plus d’un tiers d’entre elles pensent que certains emplois deviendront obsolètes et plus de la moitié s’attendent à devoir former davantage leurs salariés. Toutefois, elles sont une majorité à anticiper une stabilisation de l’emploi au sein de leur entreprise, voire une hausse.

Pour en savoir plus : https://www.bpifrance-lelab.fr/Analyses-Reflexions/Les-Travaux-du-Lab/Les-enquetes-de-conjoncture/Enquete-europeenne-PME-le-defi-de-la-transformation-digitale

2- La nécessité d’innover pour se différencier, mieux répondre aux Objectifs de Développement Durable et une meilleure expérience vécue par le client engendre la mise en place d’une structure plus plate et agile adaptée aux univers virtuels, incertains, complexes, ambigües et éphémères.

Clin d’oeil d’une ETI: https://youtu.be/3F1OALCP8H8

3- Les générations Y, Z et Alpha à venir avec leur apport de préférences diversifiées ambigües et éphémères que nous constatons dans nos séminaires depuis plusieurs années et confirmées dans une étude de 2016 engendre l’indispensable culture:

  • du collaboratif par rapport au hiérarchique
  • du réseau par rapport à l’individualisme sans pour autant sombrer dans le communautaire
  • de l’engagement ciblé et non inconditionnel
  • de la prise de risques non calculés voire de l’audace
  • avec le besoin de perspective à long terme et la recherche d’un monde inclusif

Pour approfondir le sujet: https://cdn.reseau-canope.fr/archivage/valid/N-8646-12502.pdf

Les nouveaux enjeux d’une entreprise ou d’une association dans ce contexte.

1- La métamorphose des entreprises et des organismes associatifs remettant ainsi en cause les hiérarchies peu souples par tradition au rythme de la progression des changements dans ce sens avec de nouvelles opportunités en interne pour la majorité des personnes.

La majorité des acteurs seront des experts cohabitant avec la technologie et pour certains chefs de projet en alternance.

2- Les associations et fondations devront faire face à la nécessité de changer leur mode opératoire et hiérarchique et de converger vers des organisations de type flexible et agile afin de répondre aux exigences d’impact social et solidaire des nouvelles générations de financeurs.

La bonne gouvernance des entreprises comme des organismes associatifs devient un réel signal fort de bonne santé (BPI Lab – enquête du 6 fév. 2020):

  • 88 % des dirigeants de PME-ETI estiment que la gouvernance est un levier décisif pour la performance de leur entreprise.
  • 2 % des dirigeants affirment chercher à ouvrir systématiquement un débat d’idées pour bousculer leurs certitudes, pour les décisions stratégiques.
  • 66 % des PME/ETI sont dotées d’un comité de direction et 30 % d’un conseil d’administration.

La question de la collégialité et la mise en place d’instances apparaît dès lors décisive pour améliorer la pertinence des prises de décisions stratégiques et opérationnelles ainsi que pour limiter les effets pervers de la concentration des pouvoirs.

Aucune taille critique n’est nécessaire pour s’intéresser à la gouvernance puisque ce sujet concerne tous les dirigeants d’entreprise tenus de prendre des décisions.

La participation et l’engagement des collaborateurs: leviers indispensables d’une gouvernance équilibrée

57 % des dirigeants de PME/ETI estiment que leur entreprise appartient autant à ses actionnaires qu’à ses collaborateurs. Dans ce contexte, ces chefs d’entreprise organisent entre managers et managés la co-construction des prises de décisions opérationnelles dans 61 % des cas et la participation des collaborateurs aux décisions stratégiques dans 56 % des cas.

Pour plus de détails: https://www.bpifrance-lelab.fr/Analyses-Reflexions/Les-Travaux-du-Lab/La-gouvernance-des-PME-et-ETI

En conclusion, au niveau des enjeux d’une entreprise, voire d’une assocation, la culture de l’organisation est au cœur des préoccupations des dirigeants. Un virage sans précédent stimulé par l’évolution technologique dans la gouvernance des organisations qui apportera de nouvelles opportunités pour toutes les parties prenantes.

André Guyard – Le 05/03/2020